bouton de pause video

Le sucre rend-il vraiment les enfants hyperactifs ?

Description

Les mères peuvent-elles vraiment influencer le comportement de leurs enfants ? 🎉 #experience #davantage #comportement #sensibles #differents Fait avec Vexub

Script Vidéo

On a menti à trente-cinq mères. Aucun enfant n'avait reçu de sucre. Et pourtant, elles les ont trouvés hyperactifs. Mille neuf cent quatre-vingt-quatorze. Université du Kentucky. Les chercheurs Daniel Hoover et Richard Milich recrutent trente-cinq garçons de cinq à sept ans, dont les mères les décrivent toutes comme sensibles au sucre. Tous les enfants reçoivent la même boisson : un édulcorant sans sucre. Absolument tous. Puis on répartit les mères en deux groupes. À la moitié, on dit : votre fils vient de recevoir une grosse dose de sucre. À l'autre moitié, on dit la vérité : c'est un placebo. La seule chose qui change dans toute l'expérience, c'est cette phrase. On filme ensuite chaque mère et son fils en train de jouer ensemble. Résultat : les mères à qui on avait dit « sucre » ont noté leur enfant comme significativement plus hyperactif. Elles se sont aussi tenues physiquement plus près de lui, et l'ont davantage regardé, davantage repris. Et ce n'est pas une expérience isolée. En mille neuf cent quatre-vingt-quinze, une méta-analyse publiée dans le JAMA — l'une des plus grandes revues médicales au monde — regroupe vingt-trois essais en double aveugle, portant sur mille quatre cent quatorze enfants. Différents sucres, différentes doses, différents groupes : des enfants tout-venant, des enfants décrits comme sensibles au sucre par leurs parents, et des enfants avec un trouble de l'attention. Conclusion des auteurs : le sucre n'affecte pas le comportement ni les performances cognitives des enfants. Et ils ajoutent une nuance que je vous dois : un petit effet, ou un effet chez un sous-groupe particulier, ne peut pas être totalement exclu. Ce qui est exclu, c'est le grand interrupteur évident que tout le monde décrit. Alors pourquoi tout le monde l'a vu de ses propres yeux ? Trois raisons, et aucune n'est de la naïveté. Un. Le contexte. Où mange-t-on du sucre ? Aux anniversaires, aux fêtes, à Noël, en fin de journée quand l'enfant est fatigué. Du bruit, du monde, de l'excitation, des horaires cassés. N'importe quel enfant s'agite dans ces conditions. Le gâteau n'a pas créé le chaos — il était simplement là au même moment. Deux. Quand on s'attend à un comportement, on remarque tout ce qui le confirme, et on ne voit pas le reste. C'est vrai pour tout le monde, y compris pour moi. Trois, et c'est le plus troublant. Dans l'expérience de mille neuf cent quatre-vingt-quatorze, les mères qui croyaient au sucre se sont approchées davantage, ont plus surveillé, plus repris. Ce changement d'attitude peut à lui seul modifier le comportement de l'enfant. On croit observer une réaction. On est en train de la provoquer. Ce n'est donc pas le sucre qui change le comportement de l'enfant. C'est ce que l'adulte s'attend à voir. Et attention, je ne dis pas que le sucre est anodin. Pour les dents, pour l'équilibre alimentaire, c'est un vrai sujet. Ce qui est faux, c'est ce lien précis avec l'agitation. Et si un enfant est durablement agité, à l'école comme à la maison, depuis des mois : ça, ce n'est pas une question de goûter. Ça se regarde avec un professionnel. Répondez-moi en un mot : vous le disiez, vous aussi ? OUI, ou NON ? Moi la première. Et abonnez-vous, la série continue. Information générale, pas un avis médical.