qu'est ce c'est "une personne mechante: c'est quelqu'un qui ne s'aime pas et quelqu'un qui n'est pas heureux. Cela arrive le plus souvent lorsque l'enfance a été malheureux . Il y a les corvées domestiques, les méfaits des medersa, des parents peu aimants,l'effet de la famille nombreuse, le manque de soins et d'attention accordés à l'enfant, des besoins presque jamais assouvis, les ventres vides à l'école, faute de moyens des parents. Souvent l'enfant grandit ainsi avec la rage,voire la haine de la société, de l'autre. Il y a de petits signes qui passent inaperçus dans la tendre enfance et qui ont leur importance : on tombe à l'école sur les plus faibles et on leur retire leur nourriture ( la vraie explication celui qui retire ne s'amuse pas du tout, il n'y a pas suffisamment à manger chez lui).Les victimes sont les enfants de hauts fonctionnaires et de riches commerçants. Les pauvres vont à pied à l'école et souvent même sans chaussures, tandis que les enfants de riches viennent dans de grosses cylindrées.Ces différences, souvent criardes, préparent les démunis à des lendemains qui déchantent. Depuis l'école primaire ils commencent à haïr les enfants des nantis ainsi que leurs propres parents, pour n'être pas nés riches.Ils commencent à cet âge à considérer l'argent comme une valeur refuge. Il n'est pas étonnant que les enfants souvent disent : lorsque je serais grand, je voudrais être immensément riche pour acheter une belle maison à maman, une voiture à papa etc.N'étant point des petits êtres épanouis ni sur le plan matériel, ni sur le plan affectif, cette colère sourde en eux ne peut nullement les conduire sur le droit chemin. Grandissant avec une très mauvaise estime d'eux-mêmes ils finissent par ne trouver de goût en rien, ni à l'école, ni à la famille, ni à la vie. C'est là que naît le point de rupture : l'école buissonnière finit par céder le pas à l'abandon pur et simple de l'école.La nature ayant horreur du vide, toute la place que les parents devraient occuper dans la vie de l'enfant, en soin,en amour, en attention sera comblée par d'autres personnes mais du dehors.Il va commencer l'apprentissage de la vie avec de jeunes Caïds de la rue. L'oisiveté entrainant tous les vices et s'étant soustraits de toute emprise familiale, ils peuvent maintenant commencer à goûter sans aucune contrainte aux délices de la vie : chicha, herbe, alcool, sexe, toutes choses qui montrent aujourd'hui qu'on a "les yeux ouverts ".Grandissant avec une très mauvaise image de soi, ils chercheront toujours à se racheter auprès des parents et de la société. Pour exister aujourd'hui aux yeux de tous, il faut POSSÉDER. Mais un vaurien ,qui n'a absolument aucune référence et aucun autre moyen pour combler son retard,ne peut s'adonner qu'à la délinquance. Ça sera le vol,le métier de dealer receleur, des fois le crime pour les garçons et la prostitution pour les filles. Ce sont là des métiers qui ne requièrent aucun diplôme académique. L'argent il faut l'avoir par tous les moyens pour exister, pour "se prouver " à la société et souvent pour prendre sa revanche sur les diplômés. Pour eux la fin justifie toujours les moyens. Ainsi va en partie la société malienne et d'autres. Ce ne sont certes pas avec des discours que l'on va reconstruire une telle jeunesse en voie de perdition totale. Il faut un vrai sursaut.